Les perturbations des ventes de bois de l’ONF menacent 15 000 journées de prestation pour les entrepreneurs de travaux forestiers

Depuis une semaine, les acheteurs de bois bloquent des ventes de l’ONF. Cela impacte directement les chantiers de récolte des entrepreneurs de travaux forestiers.


Paris, le jeudi 17 septembre 2015 – La vente de Beaune (Côte-d’Or), organisée par l’Office National des Forêts (ONF), lance traditionnellement les grandes ventes d’automne de bois sur pied de chênes. Ainsi, ce mardi 15 septembre, 26 000 m3 devaient être mis sur le marché pour être récoltés dès la semaine prochaine par les entrepreneurs de travaux forestiers. Mais cette vente a été annulée le jour même par l’ONF car l’accès à la salle a été bloqué par les acheteurs, suite à la parution d’un décret qui limite les conditions de ventes des coupes de bois de l'ONF. En effet, une nouvelle clause prévoit un engagement de l’acquéreur à transformer la matière première exclusivement en Europe.

« Pour la survie de nombreuses entreprises de travaux forestiers, il est urgent que les ventes puissent reprendre normalement afin de démarrer sans délai les chantiers,», demande avec insistance François Pasquier, Vice-président Forêt de la Fédération Nationale Entrepreneurs Des Territoires. Au total, les ventes de bois ONF prévues cette semaine représentent l’équivalent de 15 000 journées de prestations de travaux de récolte et de débardage pour les entreprises de travaux forestiers. Cette absence de chantiers entraine la mise en chômage technique de salariés. L’impossibilité de faire face aux remboursements des emprunts contractés pour les achats de matériels est aussi une crainte pour les entrepreneurs. Une abatteuse coûte de 260 000 à 450 000 €, un porteur de 210 000 à 350 000 € et un skidder de 160 000 à 300 000 €.

Les trésoreries des entreprises de travaux forestiers avaient déjà été mises à mal suite à deux années de mauvaises conditions météorologiques de récolte (pluies répétées et températures douces). « Cette année, les conditions météorologiques sont favorables à la bonne conduite des chantiers de récolte. Mais les perturbations des ventes de bois à répétition mettent en difficulté financière les entreprises de travaux forestiers qui récoltent et débardent ces bois pour le compte des acheteurs exploitants forestiers, scieurs et exploitants-scieurs », explique François Pasquier.

La Fédération Nationale Entrepreneurs Des Territoires refuse que les entrepreneurs de travaux forestiers soient pris en otage par l’ONF et les acheteurs de bois. Elle demande que tout soit mis en œuvre pour un démarrage sans délai des chantiers, pour profiter des conditions météorologiques favorables.